Penser la thérapie : Gouverner

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Gouverner. C’est exercer le pouvoir, gouverner une institution, un peuple. Mais c’est aussi : gouverner sa propre vie. Tenir le gouvernail de sa propre vie, choisir un cap et s’y tenir, malgré les secousses, les tempêtes. C’est prendre le pouvoir dans sa propre vie, décider ce que l’on va faire comme travail, choisir son lieu de vie, choisir avec qui l’on va partager sa vie. Et gouverner, c’est mener la « Grande guerre » contre soi même : contre l’avarice, la paresse, la mélancolie, l’aigreur… c’est combattre fermement toutes ces humeurs tristes. Gouverner comme un vrai leader, c’est rassembler toutes ses compétences au service de son art, l’art de dessiner sa propre vie. Gouverner, c’est accepter la lumière dans sa propre vie, c’est accepter le rayonnement de qui l’on est, c’est accepter le rayonnement de son être en devenir. Gouverner, tenir le gouvernail de son navire, maintenir le cap déployer la Grand voile. Et tout autour, tempêtes ou calme plat, qu’importe, les éléments n’altéreront pas la ténacité du capitaine.

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Palabres

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Palabres sur un balcon : il ne nous reste pas grand chose, si ce n’est parler. Autant que cela soit riche. Fini la course effrénée, les rendez-vous incessants, nous nous sommes arrêtés un peu, nous vivons au ralenti, et nous prenons le temps de nous parler. Aujourd’hui ressemble à hier, et demain tout autant. Plus rien à espérer, plus rien à programmer. Nous nous sommes donné rendez-vous pour parler. Répétition du geste mais pour un mouvement inattendu. Qui sommes-nous ? Que faisons-nous ici ? c’est quoi exister ? c’est quoi l’amour ? les mots jaillissent comme des merveilles. Les mots nous éclairent. Notre seule et belle richesse.

Penser la thérapie : le voyage du Retour

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Ce confinement, c’est un peu comme le Voyage du retour d’Ulysse. Le 11 mai, c’est Ithaque. Retrouver son île, chasser les prétendants et reprendre sa place de Roi, retrouver Pénélope et le lit nuptial, reprendre son rôle de père et retrouver son peuple. Mais avant, il y a toute la traversée : lutter contre tous les monstres de l’Inconscient, le Cyclope, les tempêtes, la drogue des Lotophages, ne pas tomber dans les griffes de la ténébreuse Circé… ce confinement c’est l’incessante répétition des jours comme chez Calypso. Et Ulysse fait le choix de retourner chez lui, de quitter le monde de l’oubli et de reprendre sa place. Je te vois Ithaque, je t’attends, je t’espère.

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Inébranlable

Quand les défaites, les déceptions, les déboires ne te terrassent plus, ne te mettent plus à terre. Tu es sonné, abasourdi, mais tu es debout, inébranlable. Tout n’est plus remis en cause, tu n’es plus à l’arrêt, tu ne repars plus de zéro. Tu es debout, tu avances, cela oscille parfois, mais tu continues. La vie est un chemin et tu avances. Plus rien ne peut t’empêcher de ne plus y croire. Aujourd’hui tu n’as pas trouvé cette joie mais elle peut arriver demain. Il n’y a plus d’impasse, plus de fatalité. Tu crois aux possibles, à l’inconnu, aux surprises. Tu es debout, le monde devant toi, les yeux grands ouverts, le cœur qui bat.

Un jardin

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J’ai une parcelle dans un jardin familial depuis maintenant 2 ans, à deux pas de chez moi à Nantes. Je n’avais quasiment jamais jardiné de ma vie, je ne m’étais jamais occupé d’un potager. Et j’ai eu cette envie d’avoir un petit coin de nature à côté de chez moi. J’ai appris de nombreuses choses : j’ai appris à faire pousser des pommes de terres, des poireaux, des artichauts, j’ai appris à écouter mes voisins qui m’ont donné de nombreux conseils, j’ai appris à écouter la terre, à attendre patiemment que les légumes poussent. J’ai appris à prendre soin de ce petit lopin de terre. J’ai rejoins ce mouvement naturel qui œuvre pour rendre le monde plus beau. J’ai modelé la terre, et la terre m’a modelé en retour. Aussi j’ai découvert une petite communauté d’hommes et de femmes qui œuvrent dans ces jardins familiaux à Nantes, ces poètes de la grelinette, ces amoureux des couleurs. Ils m’ont donné plein de conseils, je les ai écouté. Dans les villes grises où l’on se croise, j’ai découvert que l’on pouvait prendre le temps de se parler et de s’écouter. J’ai découvert que l’on pouvait s’entraider, que l’on pouvait vivre ensemble. Il y a des endroits en ville où l’on peut encore regarder le ciel, où l’on peut sentir la nature frémir. Des endroits de peu, des endroits merveilleux.

Ma coiffeuse

Ma coiffeuse ne lit pas Heidegger, elle n’a pas fait de voyages dans le désert et pourtant elle regarde le monde avec tendresse et sympathie.
Ma coiffeuse ne regarde pas La Grande Librairie, elle n’a jamais mis les pieds à Paris et pourtant elle a un sourire plein de jeunesse et de confiance.
Elle me parle de ses clients, du temps qui passe, de la météo d’hier et d’aujourd’hui.
Je la regarde avec envie.
Pendant que ma tête tourbillonne d’idées neuves et d’idées folles, elles posent délicatement ses doigts sur mes cheveux.
L’espace d’un instant, j’oublie le reste et je me laisse emporter.
Ma coiffeuse ne fait pas de l’humanitaire, elle n’a jamais fait la grève ni manifester. Je sais qu’elle vient travailler ici tous les jours. Et j’ai l’impression, oui j’en suis sûr, qu’elle a peut être trouver le secret de la vie.

Penser la thérapie : Créer

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Faute de créer sur une toile blanche et vierge, certains choisissent de peindre la réalité par les couleurs de leur monde intérieur. Ils mettent du noir ou du rouge sur telle ou telle personne. Ils choisissent la lumière pour cet événement plus qu’un autre ou l’obscurité pour ces quelconques situations.

Ils ne se rendent pas compte qu’ils sont de formidables peintres.

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Foule anonyme et sans visage, te voilà agglutinée dans le métro ou sur l’autoroute
Qu’est ce qui te distingue de ton voisin ?
le bruit de ton moteur ou de tes freins est le même que celui qui vient de passer ou de celui qui passera tout à l’heure
Quelle humanité que celle-ci, automate d’elle même ?